Cet article ne t'explique pas pourquoi il faut auditer ton site : il te montre comment faire un audit SEO de bout en bout. Quoi ouvrir, dans quel ordre, quoi noter, et surtout comment transformer quatre-vingts constats en cinq décisions datées. Tu peux le suivre sur ton site avec des outils gratuits, à une exception près : l'étape notoriété, qui demande un outil de liens payant.
Si ton trafic stagne et que tu veux d'abord comprendre ce qui cloche, lis pourquoi ton site ne ranke pas sur Google.fr, puis reviens.
Ce qu'un audit SEO doit produire (et ce que produisent la plupart)
Les trois livrables non négociables
Un audit complet répond à trois questions, dans l'ordre :
1. Qu'est-ce qui empêche Google de voir tes pages ? Une page invisible ne performe pas, quelle que soit sa qualité. 2. Qu'est-ce qui plafonne les pages déjà indexées ? Intention floue, maillage absent, titre qui ne colle à aucune requête réelle. 3. Qu'est-ce qui manque à ton catalogue ? Les sujets sur lesquels tes clients cherchent sans que tu aies une page à leur opposer.
Si ton audit ne produit pas ces trois listes, il n'est pas complet.
Le piège du rapport-outil
Un score sur 100 et trois cents lignes exportées d'un crawler, ce n'est pas un audit : c'est de la matière première, ni arbitrée ni chiffrée en effort. D'où notre règle : un audit se juge à la liste d'actions qu'il produit, pas au nombre de problèmes qu'il détecte. Dix constats hiérarchisés valent mieux que trois cents en vrac.
Avant de commencer : les accès à réunir
Quatre suffisent pour les étapes 1 à 3. Le cinquième ne sert qu'à l'étape 4, et il est payant.
La Search Console, propriété de type domaine vérifiée. La seule source de première main sur ce que Google fait réellement de ton site.
L'outil d'analytics, pour croiser positions et comportement réel.
Un accès admin au CMS, pour compter tes pages publiées et vérifier les réglages à la source.
Un crawler, pour parcourir le site comme un robot, pas comme un humain.
Un outil de données de liens — le seul poste payant. La Search Console a bien un rapport « Liens », mais Google en borne la portée : « Ce rapport ne contient pas une liste exhaustive de tous les liens de votre site. Il affiche un échantillon » (aide Search Console, « Rapport sur les liens », consultée le 6 août 2026). Sans outil dédié, fais les étapes 1 à 3 et reporte la 4.
Puis, ce que presque aucun guide n'écrit : définis ton périmètre avant d'ouvrir quoi que ce soit. Quel domaine, quels sous-domaines, quelles langues, quels dossiers tu exclus, sur quelle période tu lis tes données. Un périmètre qui bouge en route produit des chiffres qui ne se comparent à rien.
Un audit sans Search Console est une supposition. Sans cet accès, ta première action n'est pas d'auditer : c'est de faire vérifier la propriété.
Étape 1 — L'indexation : est-ce que Google voit tes pages ?
La première étape n'est pas technique, elle est comptable.
Compare trois nombres
Pose trois chiffres côte à côte : les pages publiées dans ton CMS, celles que Google connaît, celles qu'il indexe vraiment.
Tout écart est une question à instruire. Plus de pages connues que publiées ? Tu génères des URL parasites — filtres, paramètres, pagination. Moins d'indexées que de publiées ? Soit tu bloques toi-même, soit Google juge que ça n'en vaut pas la peine.
Lire le rapport « Indexation des pages »
Parcours les motifs d'exclusion un par un, pour trier deux familles : les exclusions voulues (pagination, filtres, pages de service, doublons canonisés), et les exclusions subies — une page importante en « Explorée, actuellement non indexée », une catégorie bloquée par le robots.txt, un noindex oublié après une recette.
Sur chaque exclusion subie qui touche une page importante, passe par l'inspection d'URL : elle te dit ce que Google a vu, quand, et pourquoi.
Les quatre fichiers et balises qui décident
De la mécanique documentée :
robots.txt interdit l'exploration, pas l'indexation. Google l'écrit noir sur blanc : « Une page non autorisée dans le fichier robots.txt peut toujours être indexée si d'autres sites la référence » (Google Search Central, « Présentation du fichier robots.txt », consulté le 6 août 2026). Symptôme réel, donc : une page bien présente dans l'index sous le motif Search Console « Indexée malgré le blocage par le fichier robots.txt », avec un extrait vide ou minimal, parce que son contenu n'a jamais été lu. Si tu cherches une page absente, tu cherches au mauvais endroit.
Le sitemap XML déclare tes pages indexables. Symptôme : il liste des URL en 404, en redirection ou en noindex, et envoie des signaux contradictoires.
La balise noindex interdit l'indexation. Symptôme : une page bien maillée qui n'apparaît jamais — commence par vérifier qu'il ne s'agit pas d'un reste de préproduction.
La canonical désigne la version de référence d'un contenu. Symptôme : des pages qui pointent toutes vers l'accueil, et un catalogue qui fond.
Traque les contradictions, et celle-ci en premier : une page bloquée par le robots.txt ne peut pas être lue, donc son noindex ne sera jamais vu. Google le documente explicitement — « Pour que la règle `noindex` soit efficace, la page ou la ressource ne doit pas être bloquée par un fichier robots.txt » (Google Search Central, « Bloquer l'indexation dans la recherche avec `noindex` », consulté le 6 août 2026).
La règle d'ordre : tant que cette étape n'est pas propre, optimiser un title sur une page non indexée est du travail perdu.
Étape 2 — Le crawl technique : ce qu'un robot rencontre vraiment
Ton premier crawl
Lance ton crawler sur le domaine et lis les résultats dans cet ordre :
1. Les codes de réponse. Combien de 404, de 5xx, et surtout quelles pages y mènent. 2. Les chaînes de redirection. Une redirection est normale ; une chaîne de trois, une boucle ou une redirection interne laissée après une migration, non. 3. La profondeur de clic. Des pages qui vendent à cinq clics de l'accueil, c'est un problème d'architecture, pas de contenu. 4. Les pages orphelines. Connues de Google, absentes de ton maillage : personne ne les relie, elles stagnent.
Tous les crawlers n'ont pas de version gratuite, et celles qui existent sont plafonnées : Screaming Frog limite la sienne à 500 URL par crawl (screamingfrog.co.uk, page SEO Spider, consultée le 6 août 2026). Va lire la limite de ton outil avant de lancer : un crawl tronqué donne des chiffres qui ne se comparent à rien.
Performance
Ouvre PageSpeed Insights et le rapport « Signaux web essentiels ». Google publie des seuils pour ses trois métriques — LCP sous 2,5 secondes, INP sous 200 millisecondes, CLS sous 0,1 — et précise que le bon repère est le 75e percentile des chargements, segmenté entre mobile et ordinateur (web.dev, « Web Vitals », consulté le 6 août 2026). Deuxième précision, d'une autre source, qui change ta façon de corriger : le rapport de la Search Console « indique les performances de vos pages en fonction de données d'utilisation réelles » et « les URL du rapport sont regroupées dans des pages offrant une expérience utilisateur similaire » (aide Search Console, « Rapport Core Web Vitals », consultée le 6 août 2026). Tu ne corriges donc pas une page, tu corriges un gabarit. Revérifie ces valeurs au moment de ton audit : le passage de FID à INP a déjà périmé ce paragraphe une fois.
Résiste au réflexe de tout corriger sur-le-champ : jusqu'à la fin de l'étape 3, tu sors une liste de constats, pas une liste de tickets.
Étape 3 — Le contenu : ce que tes pages disent, et à qui
Une page, une intention
Ouvre le rapport « Performances », filtre par requête, et regarde quelles URL se positionnent sur tes requêtes stratégiques. Ce que tu cherches est observable, pas interprétatif : plusieurs de tes pages se relaient-elles sur la même requête au fil des semaines ? Si oui, l'URL que Google retient pour toi est instable. Reste à la portée de ce constat : « cannibalisation » est du vocabulaire de métier, pas une catégorie documentée par Google, et rien ne te permet de chiffrer ce que cette instabilité te coûte. Ce que tu peux faire, c'est arrêter de lui laisser le choix.
Trois issues, à trancher page par page : fusionner (deux contenus faibles en font un solide), différencier (une intention par page), ou supprimer en redirigeant vers celle qui reste.
L'inventaire des pages qui ne rapportent rien
Croise pages indexées et clics sur une période représentative, et isole celles qui n'ont jamais rien rapporté. Trois cases : améliorer, fusionner (le sujet existe ailleurs en mieux), dépublier (pas de demande). Une page qui ne rapporte rien n'est pas neutre : elle dilue ton maillage.
Les trois vérifications qui bougent l'aiguille
Title et H1 alignés sur la requête réelle. Pas celle que tu voudrais viser : celle sur laquelle tu reçois déjà des impressions, dans le rapport « Performances » filtré par page.
Maillage interne. Garde tes pages importantes à deux ou trois clics de l'accueil, et donne-leur des liens contextuels, pas seulement une entrée de menu. Le seuil de trois clics est une convention de métier, pas un chiffre publié par Google : ce qui compte, c'est qu'une page qui vend ne soit pas enterrée.
Couverture du sujet. Compare ce que traite ta page à ce que traitent les pages déjà classées. Tu ne cherches pas à écrire plus long : tu cherches les questions que tu as sautées.
Étape 4 — La notoriété : ce que l'audit doit mesurer, pas construire
Section courte. Dans un audit, tu ne fais pas de netlinking : tu prends une photo. Domaines référents, répartition des ancres, liens cassés pointant vers toi — du capital perdu en 404 —, mentions sans lien.
Trois questions à trancher :
Ton profil est-il cohérent avec ton secteur ? Le repère utile, c'est le profil des acteurs installés de ton marché, pas une moyenne.
Y a-t-il des liens hérités douteux d'une prestation passée ou d'un ancien propriétaire du domaine ? Note-les, mais n'ouvre pas le fichier de désaveu par réflexe : « cet outil n'a pas d'utilité pour la majorité des sites », écrit Google, qui dit évaluer seul les liens dignes de confiance (aide Search Console, « Désavouer des liens vers votre site », consultée le 6 août 2026). Et « toxique » est un mot d'éditeur d'outils, pas une catégorie Google : un score sorti d'un logiciel n'est pas un constat.
Quelles pages concentrent la popularité, et sont-ce les bonnes ? Un blog qui capte tous les liens pendant que tes pages commerciales n'en ont aucun, c'est un problème de redistribution interne.
Le passage à l'action est un autre exercice : va voir comment obtenir des backlinks de qualité. Ici, tu mesures.
Étape 5 — La passe visibilité IA, celle qui manque à la plupart des audits
Un audit qui s'arrête à Google décrit un canal, pas la demande. Une partie de tes futurs clients pose sa question à un assistant et retient les noms cités. Si tu n'y es pas, tes positions ne te le diront jamais.
Le vocabulaire d'abord : Absent → Mentionné → Recommandé. Tu n'apparais pas, ton nom apparaît en passant, ou tu es la réponse.
La méthode tient en quatre gestes.
1. Prends les dix questions que tes clients posent réellement — pas tes mots-clés, leurs phrases : celles de tes emails, de tes appels, de ton formulaire. 2. Pose-les toi-même aux assistants que ton marché utilise : ChatGPT, Perplexity, Gemini, Le Chat de Mistral, et les Aperçus IA de Google, à distinguer de son Mode IA — Google précise que les deux « peuvent utiliser des modèles et des techniques différents », si bien que « l'ensemble des réponses et des liens qu'ils affichent peut varier » (Google Search Central, « Fonctionnalités d'IA et votre site Web », consulté le 6 août 2026). Note laquelle tu as interrogée. 3. Note, moteur par moteur, si tu es absent, mentionné ou recommandé — la même échelle que ci-dessus, pas une variante par tableau. 4. Note surtout qui est cité à ta place — qui les moteurs considèrent comme la référence de ton marché. C'est la donnée la plus utile de l'audit.
Une réserve à écrire noir sur blanc dans ton rapport : une même question ne donne pas la même réponse d'un moteur à l'autre, ni d'un jour à l'autre. Un relevé unique ne vaut rien : répète la mesure et date-la. C'est la date qui en fait une preuve.
Tu peux faire cette passe à la main, ou lancer notre scan de visibilité IA pour dégrossir — ce n'est pas le même geste : tu lui donnes un domaine et un secteur, pas tes questions. Il interroge jusqu'à quatre surfaces — ChatGPT, ChatGPT Search, Gemini et Perplexity — sur des requêtes commerciales écrites à l'avance pour ton secteur, et rend un verdict surface par surface : absent, mentionné ou recommandé. Une surface qui ne répond pas est signalée comme telle, jamais convertie en faux absent.
Gratuitement et sans compte, tu obtiens ce verdict et les domaines cités dans les réponses. Pas les noms de tes concurrents en clair : la liste passe par un formulaire, et même après, les noms restent abrégés à leur initiale — notre API ne les renvoie jamais en entier, on te les détaille de vive voix. Compte moins de deux minutes. Pour la méthode de mesure en détail : mesurer la visibilité de ta marque dans l'IA.
Transformer 80 constats en 5 décisions
L'étape que les guides sautent, et la seule qui produit du résultat.
Le tableau d'audit à recopier
Une ligne par constat, sept colonnes : Constat · Pages concernées · Preuve · Impact attendu · Effort · Responsable · Échéance.
Celle qui fait la différence, c'est Preuve : une capture, un export, une URL inspectée. Sans elle, ton audit est une opinion, et une opinion ne survit pas à la première réunion. Avec elle, la discussion porte sur la priorité. Et un constat sans responsable ni échéance n'est pas une action, c'est un regret.
Trier par impact et effort
Fort impact, faible effort → ça part dans les quinze jours. Ton lot de départ.
Fort impact, fort effort → ça devient un chantier daté, avec un responsable et un jalon.
Le reste → documenté dans le tableau, assumé comme non prioritaire. Écrire « on ne le fait pas maintenant, et voilà pourquoi » est une décision, pas un abandon.
Dernier point : l'impact s'estime en ordre de grandeur et se justifie, jamais en pourcentage inventé. « Cette page est déjà en page 2 sur une requête qui génère des impressions » est une justification. « +35 % de trafic » sans rien derrière se retourne contre toi au premier bilan.
À quel moment ça vaut le coup de déléguer
Le protocole couvre l'indexation, la technique, le contenu, une photo de ta notoriété et une première passe de visibilité IA. Sur un petit site, tu n'as besoin de personne. Il s'arrête sur trois choses :
Le volume. Un site de plusieurs milliers d'URL ne s'audite pas à la main.
La comparaison sectorielle. Savoir si ton profil de liens est normal suppose un référentiel que tu n'as pas.
Le test des moteurs IA à grande échelle. Dix questions donnent une intuition, pas une cartographie. C'est ce que fait Oracle, notre méthode d'audit sur 5 000 prompts.
Nos prix sont publics : l'offre Graine, dès 2 670 € HT en one-shot — c'est l'audit. La condition de déduction compte autant que le montant, telle qu'elle est publiée : si tu enchaînes sur Pousse ou Canopée dans les 60 jours, le montant de l'audit est déduit de ton premier mois d'accompagnement. Ensuite, Pousse dès 1 780 €/mois HT (engagement 6 mois) et Canopée dès 2 670 €/mois HT. Le « dès » n'est pas une coquetterie : le volume de jours fait varier le montant. Tout est sur la page tarifs.
Ce que tu fais maintenant
Ouvre la Search Console, va dans « Indexation des pages » et note trois nombres : pages publiées, pages connues, pages indexées. L'écart est déjà ta première ligne de tableau.
Puis, pendant que ton crawl tourne, lance ton scan de visibilité IA : en moins de deux minutes, tu sauras si ChatGPT, ChatGPT Search, Gemini et Perplexity te recommandent, te mentionnent ou te classent absent sur les requêtes commerciales de ton secteur — et quels domaines ils citent à ta place.
Questions fréquentes
Combien de temps prend un audit SEO ?
Ça dépend du nombre d'URL, de l'accès aux données et des langues. Sur un site vitrine d'une cinquantaine de pages, compte une journée avec ce protocole — c'est notre ordre de grandeur, pas un engagement. Chiffre ton audit après avoir compté tes pages, pas avant.
Peux-tu faire un audit SEO gratuitement ?
Oui pour le diagnostic. La Search Console, l'inspection d'URL, PageSpeed Insights et la version gratuite d'un crawler couvrent l'indexation, la technique et une bonne partie du contenu. Le gratuit s'arrête sur trois choses : profil de liens — d'où l'outil payant de l'étape 4 —, comparaison sectorielle, test des moteurs IA à grande échelle.
Par quoi commencer quand tu débutes complètement ?
Par l'indexation, jamais par la technique. Ouvre le rapport « Indexation des pages » et compare le nombre de pages indexées au nombre de pages publiées. Tant que Google ne voit pas une page, optimiser son title ne sert à rien.
À quelle fréquence faut-il refaire un audit SEO ?
Plutôt qu'un calendrier, suis les déclencheurs : refonte, migration, chute de trafic ou de positions, nouveau marché, changement d'offre. Entre deux audits, un suivi mensuel de l'indexation et des requêtes suffit à repérer ce qui bouge.
Un audit SEO couvre-t-il la visibilité dans ChatGPT ?
Pas par défaut. Un audit classique mesure ce que fait Google de tes pages, pas ce que les moteurs IA disent de toi. C'est une passe en plus, décrite à l'étape 5. Notre scan en couvre une partie : ChatGPT, ChatGPT Search, Gemini et Perplexity, sur les requêtes commerciales de ton secteur, gratuitement, en moins de deux minutes. Il ne remplace pas tes dix questions à toi — il ne les connaît pas.




