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SEO ChatGPT : être cité par ChatGPT, Perplexity et Gemini, ce qui décide vraiment

Franck Neuenschwander
Par Franck NeuenschwanderCo-fondateur et CEO, Botanik
Publié le 6 août 2026 · 14 min de lecture
Franck Neuenschwander
Franck Neuenschwander
Co-fondateur et CEO, Botanik
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Franck a piloté le SEO en interne côté annonceur pendant quatorze ans avant de prendre la tête de Botanik, agence SEO/GEO française.
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« SEO ChatGPT » : la question est mal posée

Tu tapes ton métier dans ChatGPT, avec ta ville, comme le ferait un prospect. La réponse tombe en six lignes, propre et assurée. Elle cite trois boîtes. Aucune n'est la tienne.

Le réflexe suivant, c'est de chercher comment faire du « SEO ChatGPT », comme on cherchait à passer de la position 8 à la position 3. Sauf que la question est mal posée : dans ChatGPT, il n'y a pas de classement. Pas de SERP à gratter. Il y a une sélection, refaite à chaque réponse. Deux personnes qui posent la même question le même jour peuvent obtenir deux réponses différentes, avec deux jeux de sources. Repose ta question plus tard, le texte peut avoir bougé.

Tu ne raisonnes plus en position, mais en probabilité d'être repris. Le cadrage, on l'a écrit ailleurs : la différence entre GEO et SEO. Ici, on regarde le mécanisme : ce qui se passe entre la question et la réponse affichée.

Absent, mentionné, recommandé : trois états, pas un score

Il faut un vocabulaire : « être visible dans l'IA » ne veut rien dire tant qu'on ne dit pas à quel degré. C'est l'échelle qu'on utilise chez Botanik, et celle que rend notre scan.

  • Absent : ni ton nom ni tes pages n'apparaissent dans la réponse.

  • Mentionné : ton nom apparaît, mais la source affichée n'est pas toi — un annuaire, un comparatif, un article de presse.

  • Recommandé : le moteur te propose comme réponse, pas seulement comme un nom cité au passage.

« Être cité » n'est pas un quatrième état, c'est un mécanisme : une de tes pages figure dans les sources affichées, avec le lien. Tu peux être cité sans être recommandé, et l'inverse.

Le cas qu'on rencontre le plus souvent dans nos audits, et le plus mal compris, c'est « mentionné sans que la source soit toi ». Beaucoup voient leur nom passer et se croient bien placés : ce sont les sources des autres qui le portent, et celles-là que le moteur relira. La progression s'écrit dans cet ordre : Absent → Mentionné → Recommandé. On ne saute pas d'étape.

Ce qui se passe entre ta question et la réponse

Personne à l'extérieur ne connaît l'intérieur de ces systèmes. La chaîne visible, elle, s'observe. Quatre temps.

1. Le moteur reformule. Ta phrase n'est pas la requête exécutée : « je cherche un cabinet comptable à Lyon, plutôt spécialisé start-up » devient une ou plusieurs recherches courtes, formulées à sa manière. 2. Il récupère un jeu de sources. Combien, on ne le voit pas : seules les sources affichées sont observables, et rien ne dit qu'elles soient toutes celles qu'il a lues. 3. Il retient des passages. Pas des pages entières : des morceaux qui répondent. 4. Il rédige et attribue, à partir de ces passages, avec les sources affichées quand il a cherché.

La conséquence est brutale : la question que tu crois viser n'est pas celle que le moteur exécute. Optimiser mot pour mot sur la phrase du prospect ne sert à rien ; couvrir le sujet pour tomber dans le filet quelle que soit la reformulation, si.

Deux filtres, pas un seul

Pour être cité, tu dois passer deux filtres successifs, qui ne se travaillent pas de la même façon.

Filtre 1 — la récupération. Ta page doit être atteignable par les agents du moteur, exister dans un index, et correspondre à la requête reformulée. Si tu échoues ici, rien d'autre ne compte.

Filtre 2 — la reprise. Parmi les sources récupérées, le moteur ne garde que les passages réutilisables tels quels : un paragraphe qui répond, se comprend hors contexte, et n'oblige pas à lire trois écrans avant l'information.

Passer le filtre 1 sans le filtre 2, c'est être lu et jeté. Le cas typique : la page de service qui parle d'elle-même, « depuis 2011, notre équipe passionnée vous accompagne avec une approche sur mesure ». Le moteur l'a récupérée, n'y a trouvé aucune phrase citable, et a pris celle du comparatif d'à côté, qui donnait un prix et un délai.

Ce qu'on lit le plus souvent ne traite qu'un seul des deux filtres : les conseils techniques s'arrêtent au premier, les éditoriaux le supposent déjà franchi. C'est pour ça qu'appliqués isolément, ils ont l'air de ne rien donner.

Les trois moteurs ne décident pas de la même façon

Même mécanique, arbitrages différents. On s'en tient à ce que les éditeurs publient et à ce qui s'observe en posant les questions.

ChatGPT : le moteur qui ne cherche pas toujours

ChatGPT peut répondre sans aller sur le web, à partir de ce qu'il a appris : pas de sources, pas de liens, et ta seule chance d'exister est que ton nom soit déjà associé à ton sujet. Aucune prise directe à court terme là-dessus.

Quand il cherche, il affiche ses sources et devient adressable : les deux filtres s'appliquent, tes pages peuvent entrer. Le même prompt ne déclenche pas toujours le même régime. Quand tu testes, note si des sources étaient affichées, sinon tu compares deux choses différentes.

Perplexity : la recherche d'abord

Perplexity est construit autour de la recherche : les sources numérotées sont quasi systématiques. C'est le moteur le plus lisible pour diagnostiquer, même si ton marché est ailleurs. Ce qu'il cite te dit quelles pages ont franchi ses deux filtres à lui : les tiennes, ou celles des autres. N'en conclus rien sur ChatGPT ni sur Gemini — chacun a son index. Perplexity te montre le mécanisme, pas le verdict des autres.

Gemini : l'ancrage Google

Ne confonds pas deux surfaces : l'application Gemini d'un côté, les réponses générées dans la recherche Google — Aperçus IA et Mode IA — de l'autre. Pour ces dernières, Google documente qu'il n'y a ni robot dédié ni balisage particulier à prévoir : c'est l'index de la recherche qui sert, ta page doit y être et rester éligible à un extrait, le contrôle reste le `robots.txt` de Googlebot (Google Search Central, fonctionnalités d'IA, 6 août 2026). Ce qui décide des sources affichées n'est pas documenté. Teste les deux surfaces séparément.

Ce que les trois ont en commun est plus utile que ce qui les sépare : ils citent ce qu'ils peuvent atteindre, et préfèrent les passages qui répondent. Dans nos audits, une bonne part des sources affichées sont des tiers plutôt que le site de la marque — c'est notre constat, pas une mesure de marché. Si tu vends en France, ajoute Le Chat de Mistral à tes tests : c'est un acteur du marché français.

Les cinq leviers qui décident vraiment

Pour chacun : ce que c'est, comment tu vérifies chez toi, et sur quel filtre ça agit.

1. L'accès

Filtre 1, éliminatoire. Un moteur ne cite pas une page qu'il ne peut pas lire. Vérifie ton `robots.txt`, ton pare-feu, ton CDN, et les blocages hérités d'un prestataire qui a « sécurisé » le site il y a deux ans.

Un point que presque personne ne distingue, alors que les éditeurs le documentent : les robots qui collectent pour l'entraînement et les agents qui vont chercher ta page quand un utilisateur pose sa question sont différents. Documentations OpenAI, Perplexity et Google, consultées le 6 août 2026 :

  • OpenAI publie quatre agents : GPTBot pour l'entraînement, OAI-SearchBot pour l'indexation qui alimente la recherche dans ChatGPT, ChatGPT-User pour les visites déclenchées par un utilisateur, OAI-AdsBot pour les pages publicitaires.

  • Perplexity en publie deux : PerplexityBot, qui indexe pour la recherche et dont Perplexity précise qu'il ne sert pas à entraîner des modèles, et Perplexity-User, déclenché par un utilisateur.

  • Google ne publie pas d'agent dédié à ses réponses IA dans la recherche : le contrôle passe par Googlebot. Son jeton Google-Extended couvre deux choses à la fois : l'entraînement des futurs modèles Gemini et l'ancrage de tes pages dans les applications Gemini. Google écrit qu'il ne change ni l'inclusion dans la recherche ni le classement.

Bloquer les collecteurs d'entraînement est légitime ; bloquer les agents déclenchés par une question, c'est se rendre incitable. Google-Extended est le piège de cette règle : il ne sépare pas les deux. Le fermer pour refuser l'entraînement te retire aussi de l'ancrage Gemini — donc d'une surface de citation.

Deuxième piège : le `robots.txt` ne pilote pas tout. Parce que la visite vient d'un utilisateur, OpenAI écrit que ses règles peuvent ne pas s'appliquer à ChatGPT-User, et Perplexity que Perplexity-User les ignore généralement. Pour eux, ce qui décide, c'est ton pare-feu et ton CDN. Ces noms et ces règles bougent : reprends-les chez chaque éditeur quand tu agis, pas dans un article de blog, celui-ci compris.

2. La réponse est-elle sur la page, en clair

Filtre 2. Écris en haut de chaque page importante un passage autonome : deux ou trois phrases qui répondent avant de développer, compréhensibles hors contexte. Formule tes titres comme les questions de tes clients, pas comme tes intitulés d'offre.

Écris les faits en toutes lettres, dans le texte de la page : prix, conditions, délais, périmètre, ce que tu ne fais pas. Un chiffre enfermé dans un PDF n'est pas invisible — Google documente qu'il en indexe le texte (Google Search Central, types de fichiers indexables, consulté le 6 août 2026) — mais c'est alors le fichier qui est la source, pas ta page. Écris le chiffre en clair dans le HTML. Test simple : colle un paragraphe seul dans un document. S'il ne veut rien dire, il ne sera pas repris.

3. Le consensus hors de chez toi

Les deux filtres à la fois. Les réponses citent des tiers : comparatifs, annuaires, presse spécialisée, forums, avis. Si ta marque n'existe nulle part ailleurs que sur ton site, tu peux être irréprochable chez toi et rester absent.

Comment tu vérifies : pose tes questions, note qui est cité à ta place. Pas forcément tes concurrents : surtout des sources. C'est ta feuille de route.

4. La fraîcheur, et le fait qu'elle soit lisible

Filtre 2. Une page peut être récente sans le montrer. Affiche une date de publication et une date de mise à jour qui correspondent à un contenu réellement actualisé : changer la date sans changer le texte, c'est du bruit. À notre connaissance, aucun éditeur ne publie de critère de fraîcheur — personne ne peut donc te vendre de règle chiffrée là-dessus. Ce qui reste vrai sans mesure : sur ce qui bouge — prix, réglementation, comparatifs, « en 2026 » —, une page non datée ne dit à personne si elle vaut encore.

Comment tu vérifies : sur tes pages stratégiques, compare la date affichée et celle du dernier changement réel de contenu.

5. La cohérence des entités

Filtre 2, par le détour des sources des autres. Même nom, même activité, même adresse, mêmes chiffres partout : ton site, ta fiche établissement, ton LinkedIn, les annuaires, les comparatifs. On n'a pas mesuré l'effet d'une contradiction sur une citation, et on ne va pas l'inventer. Ce qu'on peut dire : quand deux sources disent deux choses de toi, il n'y a pas de version à reprendre.

Comment tu vérifies : cherche le nom exact de ta boîte, ouvre les cinq premières fiches qui parlent de toi sans être toi, compare avec ta page « à propos ».

Ce qu'on te vend et qui ne prouve rien

Le marché du GEO va plus vite que les preuves. Quelques promesses à recevoir avec précaution.

Le fichier llms.txt. À ce jour — août 2026 —, aucun éditeur de moteur ne documente s'en servir pour décider d'une citation, et Google s'est prononcé : John Mueller, sur Bluesky le 17 juin 2025, « FWIW no AI system currently uses llms.txt. » Le mettre en place coûte quelques minutes et ne casse rien. Te le facturer en promettant des citations, c'est vendre une hypothèse au prix d'un résultat.

Le balisage Schema.org présenté comme le sésame. Structurer ses données conditionne certains résultats enrichis dans la recherche classique : c'est de l'hygiène. Mais pour ses réponses IA, Google écrit qu'aucune exigence technique ne s'ajoute à l'éligibilité normale à la recherche (même documentation). Fais-le, ne construis pas ta stratégie dessus.

Le bourrage de mots-clés nouvelle génération, type « meilleur [métier] 2026 » répété en H2 : on optimise pour un classement qui n'existe pas ici.

L'achat de « mentions IA ». De la publicité dans les réponses, ça existe et c'est assumé : Google a annoncé le 20 mai 2026 deux formats publicitaires intégrés au Mode IA, étiquetés comme sponsorisés et en test à cette date ; OpenAI documente un agent de contrôle des pages publicitaires sur ChatGPT. Ça s'achète comme de la publicité, et ça se voit. Le reste de ce qui se vend sous ce nom, ce sont des placements dans des sources tierces. Appelle ça par son nom.

La garantie d'être « premier dans ChatGPT ». Impossible par construction : il n'y a pas de premier, et la réponse varie d'une exécution à l'autre.

Dans le même registre, compter des volumes de prompts ne remplace pas la lecture des réponses : ce qui se dit dans la phrase où ton nom apparaît compte plus que le nombre d'apparitions. On le développe ailleurs : lire les réponses plutôt que compter les prompts.

Dernier point, le plus important : les critères de sélection des sources ne sont pas publiés. Tout ce qui est écrit plus haut vient de la documentation des éditeurs ou de l'observation répétée des réponses. Le dire n'est pas un aveu de faiblesse, c'est ce qui distingue un constat d'une croyance.

Vérifier où tu en es, moteur par moteur

Le principe ne sert à rien sans point de départ. Une méthode à exécuter toi-même, sans outil.

Écris dix questions que tes clients posent vraiment. Pas tes mots-clés : leurs phrases, avec leurs mots. Pose-les sur chaque moteur et note quatre choses : ton verdict (absent, mentionné, recommandé), si une de tes pages figure dans les sources affichées, qui est cité à ta place, et si le moteur a cherché ou répondu de tête.

C'est la troisième colonne qui vaut de l'or : elle te dit quelles pages ton marché considère comme légitimes, donc où tu dois exister. C'est la logique de notre audit Oracle, à 5 000 prompts au lieu de dix — l'échelle à laquelle un écart cesse de pouvoir être un hasard.

Une lecture qui tient : le moteur et la date, toujours

Une réponse d'IA sans le nom du moteur ni l'horodatage n'est pas une preuve, c'est une anecdote. Note les deux, et refais la mesure régulièrement : c'est le seul moyen de distinguer une tendance d'une variation.

Notre scan de visibilité IA en fait une partie pour toi. Tu ne rédiges aucune requête : tu donnes ton domaine et ton secteur, et le scan envoie des prompts prédéfinis — de l'ordre de neuf par secteur, sept à intention commerciale et deux de reconnaissance de marque — sur jusqu'à quatre surfaces : ChatGPT, ChatGPT avec recherche web, Gemini et Perplexity. Verdict moteur par moteur : absent, mentionné ou recommandé. Gratuit, verdict sans créer de compte, moins de deux minutes ; la liste des concurrents qui répondent à ta place et les domaines cités passent, eux, par un formulaire. Pour installer la mesure dans la durée : mesurer ta visibilité dans l'IA.

Par où commencer cette semaine

Quatre actions, dans cet ordre.

1. Lance le scan pour un point zéro daté, moteur par moteur. Tout le reste se jugera par rapport à cette ligne. 2. Débloque l'accès. `robots.txt`, pare-feu, CDN. Si les agents ne passent pas, le reste est décoratif. 3. Réécris tes deux pages les plus stratégiques : un passage citable en haut, les faits en clair, des titres formulés comme des questions. 4. Liste les sources citées à ta place et va y exister, à jour et cohérent.

Absent, puis mentionné, puis recommandé. La première étape se mesure aujourd'hui : scanner ma visibilité IA.

Questions fréquentes

Comment faire du SEO pour ChatGPT ?

En arrêtant de raisonner en positions. ChatGPT ne classe pas des pages, il reconstruit une réponse à chaque fois. Tu joues sur deux filtres : être récupérable (accessible aux agents, présent sur le sujet) et être repris (un passage qui répond en clair, citable tel quel). Parfait sur le premier et muet sur le second, un site se fait lire, puis ignorer.

Pourquoi ChatGPT cite mes concurrents et pas moi ?

Trois causes, dans l'ordre où on les rencontre en audit. Tes pages ne sont pas accessibles aux agents. Elles parlent de toi au lieu de répondre à la question. Ou ta marque n'existe pas dans les sources tierces que le moteur consulte, et ce sont elles qui sont citées. Regarde qui est cité à ta place : la liste te dit où tu dois exister.

Le fichier llms.txt sert-il vraiment à être cité ?

Rien ne le prouve, et à ce jour — août 2026 — aucun éditeur de moteur ne documente s'en servir. Google a pris position : John Mueller écrivait sur Bluesky, le 17 juin 2025, qu'aucun système d'IA ne l'utilisait alors. Le poser ne casse rien ; te le facturer en promettant des citations, c'est vendre une hypothèse au prix d'un résultat.

Faut-il bloquer ou autoriser les robots des IA ?

Si tu veux être cité, tu dois être atteignable. Distingue les robots d'entraînement des agents déclenchés par la question d'un utilisateur : GPTBot, OAI-SearchBot et ChatGPT-User chez OpenAI, PerplexityBot et Perplexity-User chez Perplexity, Google-Extended chez Google. Deux pièges : Google-Extended couvre l'entraînement et l'ancrage dans les applications Gemini, donc le bloquer te retire d'une surface de citation ; et le robots.txt ne pilote pas les agents déclenchés par un utilisateur, qu'OpenAI et Perplexity documentent comme pouvant s'en affranchir — ça se joue alors au pare-feu et au CDN.

Peut-on garantir d'être cité par ChatGPT ?

Non, et méfie-toi de quiconque te le promet. La réponse est régénérée à chaque question et varie d'une exécution à l'autre. Ce qu'on peut faire : mesurer ton point de départ moteur par moteur, travailler les facteurs qui dépendent de toi, et remesurer avec la date et le nom du moteur. C'est la différence entre une progression prouvée et une promesse.